EDUCASOL - plate-forme d’éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale

Après la mobilisation du 11 janvier : « Le début de quelque chose de beau » ?

Lettre de Michel Sauquet

Près de 4 millions de personnes se sont mobilisées en France le 11 janvier, dans une marche citoyenne, solidaire, unitaire et internationale, relayée par des manifestations dans le monde entier. Elles exprimaient ainsi leur refus du terrorisme, de la violence et de l’intolérance et leur attachement à la liberté d’expression. Parmi les innombrables témoignages d’anonymes qui font suite à cet événement, une participante à la marche de Paris disait hier matin sur France Inter : « j’espère que c’est le début de quelque chose de beau ».

Le moment de la prise de recul est venu. Les choses ont été incroyablement vite, dans l’émotion, et c’est tant mieux. Mais comme chaque organisation, la plateforme Educasol doit à présent se demander comment elle contribue – et peut contribuer davantage – à réduire durablement les antagonismes et les incompréhensions.

Après les événements de la semaine dernière, le mot d’éducation est prononcé fort à propos un peu partout. Mais les difficultés qui se sont présentées vendredi dans certaines villes, lorsque l’Education Nationale a demandé d’en parler avec les élèves dans les établissements, montrent bien que ce n’est pas simple, et que ce n’est pas du jour au lendemain que les efforts éducatifs pourront renverser les manières de penser. L’éducation est affaire de long terme, de conviction et de ténacité.

Le changement de terminologie qu’Educasol a opéré l’an passé (remplaçant « éducation au développement et à la solidarité internationale » par « éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale ») était peut-être prémonitoire, en tout cas opportun. Dans notre domaine d’activité, il s’agit à travers ce mot d’affirmer que l’on ne peut être solidaire avec ceux de « là-bas » sans l’être aussi chez nous. La citoyenneté sera donc, de plus en plus, une feuille de route essentielle pour notre collectif. Car sans conteste, l’éducation à la citoyenneté est, au moins potentiellement, l’une des formes les plus efficaces de la lutte contre la violence, l’intolérance, l’amalgame, le racisme, l’islamophobie, l’antisémitisme, les atteintes à la laïcité, la résignation, le manque d’esprit critique, et tant d’autres maux de la société française (qui vient tout de même de démontrer sa force). Le lien avec l’international est évident : le caractère quasi-mondial de la mobilisation l’a bien montré. Le lien avec le développement (terme qui reste pour nous important) est évident : au Mali, en Centrafrique, au Nigeria et dans tant d’autres pays, le terrorisme et les guerres plombent littéralement le développement.

La voix d’Educasol en tant que collectif doit être entendue, mais c’est surtout son action à long terme, et celle de ses membres, qui doit être développée, connue et comprise. Il nous faut rapidement utiliser davantage nos outils de travail pour mutualiser et mettre en débat nos pratiques d’éducation à la citoyenneté en lien avec la question de la tolérance, de la laïcité et du refus des différentes formes de terrorisme. Et tenter de gagner solidairement en efficacité dans ce travail : qui fait quoi ? où ? comment ? pourquoi ? avec quelles méthodes, quels outils, quelles alliances ?

Les « journées Educasol » seront le lieu privilégié de cette mise en débat, et nous réfléchissons actuellement au montage d’un programme et d’un agenda tenant pleinement compte de ces enjeux. Nous envisageons également de développer, à travers un projet d’observatoire des pratiques, notre fonction d’accompagnement des éducateurs et d’aide à la capitalisation et à la mutualisation d’expériences.

Mais pas d’angélisme, et pas d’illusions excessives : la personne anonyme citée plus haut espérait que nous soyons au début de « quelque chose de beau ». Nous sommes peut-être aussi au début d’une série de dérapages : aggravation d’un antisémitisme rampant et d’une islamophobie nourrie d’amalgames ; illusion d’une république française subitement devenue unie et exemplaire ; naissance de nouveaux fondamentalismes en réaction aux autres ; oubli de ce que j’appellerais « les autres causes » ; il est plus que salutaire, et nous nous en réjouissons tous, d’avoir eu avant-hier un front du refus de l’obscurantisme. Mais à quand, avec la même ampleur, un front du refus de la misère, ici et là-bas, du refus de nos morts de la rue ici, et des morts de famine là-bas ? Quelle mobilisation unie et internationale contre l’injustice et le pouvoir de la finance ? Contre tout ce qui, en définitive, fait le lit du terrorisme ?

« Quelque chose de beau » : un objectif formidablement exigeant, surtout si nous l’appliquons à tous les domaines de la citoyenneté et de la solidarité internationale.

Michel Sauquet
Président d’Educasol
Le 13 janvier 2015

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Le CRID organise, aux côtés de nombreuses autres organisations, l’Université d’Eté Solidaire, Citoyenne et Rebelle : cinq jours de débats, de formation, de résistances et de convivialité, à Grenoble du 22 au 26 août.

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Pour cette 5ème édition, plus de 50 jeunes ont proposé des films courts sur le thème « Nourrir la planète, aujourd’hui pour demain ».

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Du côté de l’ECSI : "Droits humains et travail : quels apports de l’ECSI ?"

En 2018, la Déclaration universelle des droits de l’Homme aura 70 ans. L’occasion pour Ritimo de célébrer les droits humains en interrogeant leur actualité, tout au long de l’année.
Le 1er numéro 2018 de la Lettre de l’ECSI est une réflexion sur les liens entre "droits humains et travail", un thème qui a été régulièrement sur le devant de la scène ces derniers mois et qui permet aussi à Ritimo d’anticiper sur le centenaire de l’Organisation internationale du travail (OIT) en 2019.



Appel à participation "Carrefour des projets" 2018

Créé en 2011 par trois structures d’accompagnement de jeunes porteur-ses de projets – Etudiants et Développement en France, le Carrefour Associatif au Maroc et le ReLAIS en Guinée –, le dispositif « Carrefour des Projets » a pour objectif de créer du lien entre des jeunes engagé-e-s dans ces trois pays et de les accompagner dans la création de démarches partenariales fiables, durables et équilibrées et dans la co-construction de projets de Solidarité Internationale.

Le « Carrefour des Projets » relance un cycle de formation et d’accompagnement du 9 au 16 juillet 2018 (dates susceptibles de changer légèrement) et ouvre son appel à participant-e-s..



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